FRAC CORSICA

LA CONDITION HUMAINE, SIMONETTA FADDA. 22.10.2018 / 20.01.2019

LA CONDITION HUMAINE est l’exposition que le FRAC présente, à Corti, en deux temps avec Leonard BOSCANI du 10 juillet au 10 octobre 2018 et Simonetta FADDA du 22 octobre 2018 au 20 janvier 2019, deux artistes présents dans la collection. Le titre indique leur champ d’observation, d’analyse, de travail et d’action.




Simonetta FADDA vit et travaille entre Savone et Milan. Elle est vidéaste et théoricienne des médias (photo, cinéma, vidéo, son technologique) et enseigne à l’Ecole des Beaux-arts de Milan (Brera) et à l’Ecole du Cinéma et de la Télévision Luchino Visconti (Milan). Son travail est focalisé sur la dynamique du regard dans l’époque contemporaine par rapport aux rituels sociaux avec une approche anthropologique fortement critique.
Simonetta Fadda animera un Workshop et donnera une conférence sur son travail de vidéaste et d’historienne de la vidéo qui aura lieu à Bastia.
La rencontre de cette artiste avec des élèves sera pour eux une expérience formatrice. Enseignante au niveau universitaire, Simonetta Fadda sait aussi intéresser un auditoire large.

Vernissage le 22 octobre 2018 à 18h.

MOTS GÉNÉTIQUEMENT MODIFIÉS
Rien n’est plus à même de révéler la réelle condition humaine des personnes qui vivent dans une période culturelle déterminée, que le langage utilisé dans cette période historique.
Le vécu personnel, la vie des relations et les hiérarchies sociales se reflètent dans le langage d’usage et le conditionnent, le pliant aux exigences pratiques qui se manifestent au niveau matériel.
Rien cependant ne change aussi rapidement que le langage. Alors tandis qu’ils sont utilisés, les signifiants conservés des mots se modifient imperceptiblement, se modelant pour s’adapter aux exigences de ceux qui parlent. Naissent des néologismes qui progressivement se substituent aux paroles devenues désuètes. Dans l’indifférence générale, certains termes arrivés dont ne sait d’où s’affirment tandis que d’autres disparaissent.
Normalement il s’agit d’un processus qui se développe dans le temps et concerne plusieurs générations. Habituellement, du reste, personne ne s’en rend compte à l’exception de ceux qui révisent les dictionnaires.
Il est moins coutumier en revanche qu’un terme au-delà de sa signification traditionnelle en acquière une autre, se dédoublant pour traverser d’autres champs sémantiques
Au lieu de disparaître en laissant le pas à un nouveau mot, ce même terme devient double, une espèce de monstre à deux têtes dans lequel cohabitent deux significations si divergentes qu’elles entrent en collision créant des quiproquos communicatifs. Seul le contexte discursif aide à faire la lumière sur ce qu’est la signification attribuée d’une fois à l’autre à ce terme… Parfois même pas s’il n’y a pas des «attachés aux travaux ».

 
 

Aujourd’hui nous nous sommes habitués à ces anomalies particulières du langage, inimaginables il y a peu de temps encore. Surtout, nous ne nous en étonnons pas, parce qu’au fond, nous sentons que ces paroles anormales nous sont très commodes. Ce sont des mots qui permettent de ne pas percevoir le poids des changements profonds que nous sommes en train de traverser. Malgré nos mouvements quotidiens vers des territoires inexplorés, nous faisons semblant d’être encore où nous en étions il y a un siècle.
Au fond, nous savons pourtant parfaitement qu’aujourd’hui chacun de nous vit dans le même temps dans deux espaces équivalents entre eux : celui « physique » dans lequel nous somme immergés avec le corps et celui « virtuel » dans lequel nous entrons sans nous en rendre compte chaque fois que nous recourrons à une forme de communication ou d’information quelle qu’elle soit, parmi celles disponibles par voie électronique.
Quand nous téléphonons ou envoyons un message par téléphone portable, quand nous utilisons la poste électronique, ou bien quand nous envoyons des images sur un des nombreux réseaux sociaux ou encore quand nous recueillons des informations en consultant une encyclopédie ou un quotidien en ligne… peut-être décidons-nous aussi de surfer sur les réseaux pour regarder un film ou écouter la musique qui nous plait… dans toutes ces situations nous entrons dans un monde parallèle à celui de notre corporalité.
Un monde qui ne se substitue pas tout à fait au monde dit « réel » mais qui l’amplifie, l’étend, le matérialise, stimulant dans nos nouveaux comportements, au niveau subjectif.
Il est clair, alors, que dans cette situation même les mots que nous utilisons doivent refléter notre nouvelle condition humaine qui permet l’ubiquité, toujours à cheval entre deux mondes. Pour cela quelques mots ont acceptés d’être clonés faisant la lumière sur leurs propres doubles génétiquement modifiés comme les tomates ou le maïs que nous trouvons sur nos tables sans rien savoir de leur structure intrinsèquement diverse .
Comme les organismes, les mots génétiquement modifiés ne présentent pas de différences avec leurs homologues traditionnels. C’est seulement dans des contextes linguistiques déterminés en fait, qu’ils révèlent leur nature de clone parce que seulement dans ces cas-là leur signification se révèle extrêmement différente de celle habituellement usitée par tous.
En parlant, certaines personnes, les moins averties et peu accoutumées à entrer dans les espaces parallèles du virtuel, tombent dans la confusion. Les autres s’emparent avec insouciance des nouveaux signifiants, parce qu’ils sont rassurés par leur apparence trompeuse qui fait (cependant) allusion à des contenus sémantiques dotés d’une valeur sociale et linguistique bien différente. Ainsi ceux qui en parlant aiment sauter du monde réel au virtuel et vice versa peuvent continuer à le faire allègrement sans prêter attention aux mots utilisés dans un sens ou dans un autre parce que le langage est ductile et de toute façon, il les accompagnera toujours dans leurs péripéties.

 
 

Simonetta Fadda, 2018


           


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